La Cour suprême réexamine la contestation de la polygamie en vertu du droit personnel musulman
Près de neuf ans après que la Cour suprême a invalidé le triple talaq instantané, la validité constitutionnelle de la polygamie en vertu du droit personnel musulman est à nouveau devant les tribunaux. Cinq militants ont demandé la suppression de l'exemption qui permet aux hommes musulmans d'épouser plus d'une femme.
Ils cherchent à rendre la polygamie punissable en vertu de l'article 82 du Bharatiya Nyaya Sanhita (BNS) et ont demandé au tribunal d'ordonner au Centre d'envisager une législation abolissant cette pratique pour les citoyens de toutes les religions. La Cour suprême a demandé la réponse du gouvernement.
L’article 82 du BNS criminalise le remariage du vivant du conjoint, passible d’une peine maximale de sept ans. Cette disposition ne s’applique pas de la même manière aux hommes musulmans dont les mariages sont régis par la loi d’application de la loi personnelle musulmane (chariat), 1937.
Les pétitionnaires contestent l'article 2 de cette loi, arguant que l'exemption viole les articles 14, 15 et 16 de la Constitution. Ils exigent également l’enregistrement obligatoire des mariages musulmans pour empêcher les unions ultérieures pendant qu’un mariage existant se poursuit, des droits prioritaires pour la première épouse et ses enfants sur le domicile conjugal et la codification du droit personnel musulman conformément à l’égalité des sexes.
Des décisions antérieures ont abordé des questions connexes sans se prononcer sur la validité constitutionnelle de la polygamie elle-même. Dans les affaires Sarla Mudgal (1995) et Lily Thomas (2000), la Cour a statué qu'un hindou ne peut pas se convertir à l'islam dans le seul but de se remarier sans dissoudre son mariage existant. Dans Shayara Bano (2017), la Cour a annulé le triple talaq instantané, mais a laissé la polygamie et le nikah halala en suspens.
Une question clé est de savoir si la polygamie constitue une pratique religieuse essentielle protégée par l'article 25. Les pétitionnaires affirment que non, citant la sourate An-Nisa (4 : 3), qui autorise les mariages multiples uniquement dans des conditions de justice et préfère la monogamie si la justice ne peut être garantie. Ils le présentent comme une autorisation conditionnelle plutôt que comme une obligation.
La Cour doit également équilibrer la liberté religieuse avec l’égalité, la dignité et la justice de genre. La procédure pourrait également rouvrir les contestations du nikah halala. La Cour pourrait se prononcer sur la validité du cadre existant ou exhorter le Parlement à réglementer ou à interdire cette pratique.
