Une vague de violence des colons frappe la Cisjordanie : des mosquées incendiées, des maisons détruites et des agriculteurs attaqués
Une forte escalade de la violence de la part des colons israéliens a été signalée dans toute la Cisjordanie occupée, avec des attaques récentes comprenant l'incendie d'une mosquée, la destruction de maisons et de véhicules et des intimidations systématiques visant les agriculteurs palestiniens pendant la saison critique de la récolte des olives.
Une mosquée profanée à Deir Istiya
Lors de l'un des incidents les plus graves, la mosquée Hajja Hamida, dans le village de Deir Istiya, a été attaquée le 13 novembre. L'enquête confirme que les assaillants ont versé de l'accélérateur à l'entrée, incendié le lieu saint et l'ont vandalisé avec des graffitis haineux. Des copies du Coran ont été brûlées à l'intérieur du bâtiment.
L'action rapide des résidents locaux a empêché l'engloutissement complet de la structure. Avec défi, la communauté a nettoyé et restauré la mosquée, y organisant la prière du vendredi quelques jours seulement après l'attaque. Malgré les condamnations et les promesses d'une réponse militaire, aucun suspect n'a été appréhendé en lien avec cette profanation.
Incendie criminel et assauts coordonnés contre des villages
L'attaque de la mosquée fait suite à une série d'autres incidents violents. Aux alentours du 11 novembre, des dizaines de colons masqués ont lancé un incendie criminel coordonné dans la région de Beit Lid. Selon le Centre palestinien pour les droits de l'homme (PCHR), ils ont incendié plusieurs camions dans une installation industrielle.
Dans le village voisin d'al Jaba, plusieurs maisons, une cabane et trois véhicules auraient été incendiés. Plus au sud, dans la ville de Sa'ir, des colons auraient agressé physiquement des civils, dont des femmes, à coups de matraque. Les services d'urgence, notamment les pompiers et les ambulances, auraient été empêchés d'atteindre les victimes.
La saison de la récolte des olives marquée par la violence et l'intimidation
La violence a jeté une ombre sur la récolte annuelle des olives, un événement économique et culturel vital pour les Palestiniens. Dans le village de Sinjil, les agriculteurs rapportent que la production d'olives a chuté d'environ 80 % en raison des menaces et des violences persistantes.
De nombreux agriculteurs déclarent être systématiquement empêchés d'accéder à leurs propres terres par les colons, qui ont détruit les oliviers et ont eu recours à l'intimidation pour les chasser. Ces actes se produisent souvent avec le soutien ou la présence présumée de soldats israéliens, créant ainsi un environnement d’impunité.
Condamnation internationale et réprimande nationale
Ces attaques ont suscité une large condamnation. Al-Azhar, une institution islamique sunnite prééminente, a qualifié l'incendie de la mosquée de « crime terroriste odieux ». Le ministère allemand des Affaires étrangères a également dénoncé les violences, appelant à des enquêtes approfondies et à la responsabilisation.
En Israël, les événements ont suscité de rares critiques de haut niveau. Le président Isaac Herzog a condamné les attaques comme étant « graves », tandis que les dirigeants militaires ont déclaré qu'ils ne toléreraient pas le vigilantisme extrémiste.
Une campagne systématique, préviennent les observateurs
Les organisations de défense des droits humains affirment que ces incidents ne sont pas le fruit du hasard mais font partie d'une stratégie calculée. Le PCHR et d’autres observateurs notent une tendance claire, suggérant que de telles violences visent à intimider les Palestiniens et à faciliter leur déplacement des terres ciblées pour l’expansion des colonies. Ils soulignent l’existence d’un environnement de sécurité permissif qui a permis à de telles agressions de colons de se développer, sonnant l’alarme quant à une nouvelle détérioration de la stabilité dans la région.
