Les musulmans de l'Assam protestent contre le Code civil uniforme, le qualifiant de « ciblant injustement » la communauté
Des centaines de musulmans se sont rassemblés vendredi devant une mosquée à Berenga, dans le district de Cachar, dans l'Assam, pour protester contre le Code civil uniforme (UCC) récemment promulgué, alléguant qu'il cible injustement la communauté musulmane.
La manifestation, qui s'est tenue après la prière du vendredi, a vu des manifestants lancer des slogans contre la législation et exiger son retrait immédiat. L'ancien député Ataur Rahman Mazarbhuiya s'est adressé au rassemblement, décrivant l'UCC comme une attaque contre la liberté religieuse et la diversité culturelle de l'Assam.
Dans son discours aux médias, Mazarbhuiya a affirmé que la loi était appliquée de manière discriminatoire, en mettant spécifiquement l'accent sur l'islam et les musulmans. Il a fait valoir que cela reposait sur l'hypothèse erronée selon laquelle les lois personnelles musulmanes ne parviennent pas à protéger les droits des femmes. Il a également remis en question l'exemption accordée aux tribus répertoriées, se demandant comment l'égalité sous une seule loi pourrait exister lorsque certaines communautés sont exclues. « Si certaines communautés sont exemptées, comment peut-il y avoir égalité ? remarqua-t-il.
L’ancien député a en outre suscité le débat en abordant la polygamie. Il a affirmé que les communautés tribales enregistraient la plus forte incidence de polygamie en Inde, tandis que les musulmans en avaient moins que les hindous. Il a fait référence aux données d’une organisation appelée « Indian Social Society », bien qu’aucun rapport vérifiable de ce type n’ait pu être retracé.
Des données indépendantes de l'Enquête nationale sur la santé familiale (NFHS-5) indiquent une prévalence de la polygamie à 2,1 % parmi les chrétiens, 1,9 % parmi les musulmans et 1,3 % parmi les hindous, confirmant des taux relativement plus élevés parmi les tribus répertoriées dans plusieurs régions.
Mazarbhuiya a souligné les contributions significatives de la communauté musulmane à la lutte pour la liberté en Inde et s'est engagé à poursuivre les manifestations pacifiques et démocratiques pour protéger les droits constitutionnels. Il a invoqué l'article 25 de la Constitution, qui garantit la liberté de religion, sous réserve de l'ordre public, des bonnes mœurs et de la santé.
Le gouvernement de l'Assam a défendu l'UCC, affirmant qu'elle vise à garantir l'uniformité en matière civile et à fournir des garanties juridiques plus solides, en particulier pour les femmes. La législation a déclenché un large débat, ses partisans la considérant comme un pas vers l'égalité et ses critiques exprimant leurs inquiétudes quant à son impact potentiel sur les pratiques religieuses et culturelles des communautés minoritaires.
