Lorsqu’on demande à l’enfant de Gaza : pour quel péché a-t-il été tué ?

Les Arabes préislamiques pratiquaient une tradition odieuse : l’enterrement vivant des nourrissons de sexe féminin, motivé par la crainte du fardeau économique et la honte perçue d’élever des filles. Cet acte de cruauté reflétait une société plongée dans l’ignorance et la distorsion morale.

L’Islam, en tant qu’appel divin à la dignité humaine, à la justice et au caractère sacré de la vie, a mené une guerre sans compromis contre cette pratique. Il ne s’est pas contenté de le condamner, il l’a éradiqué, remplaçant la barbarie par la miséricorde et l’humiliation par l’honneur.

Parmi les éléments les plus percutants de cette stratégie corrective figuraient les paroles d’Allah, qui faisaient appel non seulement à la conscience primordiale mais aussi à l’intelligence émotionnelle et à l’imagination morale : « Et quand on demande à la jeune fille (qui a été) enterrée vivante : Pour quel péché a-t-elle été tuée ? » (al-Takwir 8-9)

Le message de ces versets est clair et intense : l’un des moments déterminants du Jour du Jugement sera le rétablissement de la justice là où elle était la plus nécessaire dans ce monde mais n’a jamais été accordée. Ce jour n’est pas simplement un règlement de comptes : c’est le point culminant de la responsabilisation, du dévoilement de la vérité et de la justification des innocents. C’est ce que l’humanité désire le plus, mais ce qui lui est le plus souvent refusé dans ce monde de tribunaux compromis et de consciences corrompues. Ce jour-là, les violations les plus graves – et leurs auteurs – seront mises sous les projecteurs divins.

Les versets ci-dessus s'inscrivent dans un tableau apocalyptique : le soleil s'assombrit, les étoiles s'éteignent, les montagnes se dissolvent, les mers débordent, les cieux sont déchirés, l'enfer s'enflamme et le paradis se dévoile (al-Takwir 1-13). Ce bouleversement cosmique n’est pas un pur spectacle. Il s’agit plutôt d’une toile de fond morale pour l’examen minutieux de l’innocence. Au milieu de ce dénouement céleste, on demande à la jeune fille enterrée : « Pour quel péché a-t-elle été tuée ? (al-Takwir 8-9). La question n’est pas une question d’information, mais une question d’accusation.

Pourquoi un décor aussi dramatique ? Car le crime d’enterrer un enfant vivant – l’infanticide – n’est pas qu’une aberration sociale. C’est une transgression contre la création elle-même, défiant la logique, la culture et toutes les normes de décence humaine. Tout comme la fin du monde défie les normes existentielles, cet acte défie également l’essence même de la civilisation.

Pour Allah – ne l'oublions pas – le meurtre d'une seule âme innocente équivaut à l'extermination de toute l'humanité (al-Ma'idah 32). Un tel crime ne se mesure pas par son ampleur, mais par sa grandeur morale, car il viole le caractère sacré de la vie, l’alliance de justice et l’essence même de ce que signifie être humain.

La structure linguistique intensifie l'horreur. Les verbes sont passifs : « est demandé », « a été tué ». L'accent n'est pas mis sur le criminel, mais sur la pureté de la victime, ce qui est une stratégie rhétorique qui amplifie la dépravation morale de l'agresseur. Si la victime est si irréprochable, à quel point celui qui a commis le crime doit-il être monstrueux ? Aucune justification n’est proposée – aucune n’est possible. La question « pourquoi ? » n'est pas une demande d'explication, mais une affirmation divine, un aveu moral, un étonnement cosmique face à un crime qui défie le langage lui-même.

Deux versets plus tard, Allah déclare que l'Enfer éclatera et que le Paradis sera proche (al-Takwir 12-13). L'implication – et Allah le sait mieux – est que le premier attend le meurtrier et le second accueille l'enfant martyr. Cela fait partie du dévoilement eschatologique, où chaque âme sera témoin de ce qu'elle a préparé pour ce jour-là.

La tragédie de Gaza : 20 000 enfants perdus dans un océan de 70 000 vies innocentes

Les versets coraniques ci-dessus ne sont pas simplement historiques ; ils sont intemporels, une interrogation divine qui résonne à travers les générations. Ils condamnent le meurtre de l’innocence, la réduction au silence de la vie avant qu’elle ne s’épanouisse, la destruction de l’espoir avant même qu’elle n’ose parler.

Tout comme les Arabes préislamiques enterraient leurs filles par peur et par honte, les génocidaires d'aujourd'hui enterrent les enfants de Gaza sous les décombres et sous le feu par calcul politique, par haine raciale et par ambition impériale. Le crime est le même : éteindre la vie d’innocents pour préserver un ordre corrompu.

Aujourd’hui, la tranchée pour enterrer et tuer les enfants n’est plus creusée dans le sable ; il est forgé à partir de missiles, de blocus et de silence.

Les enfants de Gaza ne sont pas enterrés par la honte tribale, mais par des axes sophistiqués du mal, machinés par la précision militaire et masqués par la tromperie diplomatique. Ils sont enterrés sous les décombres des maisons, l’effondrement des hôpitaux et l’indifférence d’un monde qui regarde sans pleurer.

Il ne s’agit pas là de l’ignorance d’une tribu révolue ; c’est le syndrome de la complicité mondiale, où la modernité camoufle la barbarie sous le langage de la sécurité, et où le génocide est rationalisé à travers des notes d’orientation et des communiqués de presse. La tranchée est de retour, non pas comme une relique de l’histoire, mais comme un acte d’accusation vivant contre notre époque.

Dans la sourate al-Buruj (4-8), les gens de la tranchée regardaient les croyants brûler sans remords. De même, les puissances d’aujourd’hui regardent Gaza brûler, rationalisant le massacre, finançant les armes et faisant taire la vérité. La tranchée est revenue. Et le monde est assis autour d’elle, observant, justifiant, oubliant.

La question coranique : « Pour quel péché a-t-elle été tuée ? » (al-Takwir 9) – s'adresse désormais à chaque nation complice, à chaque institution silencieuse, à chaque spectateur moral. La question n’est plus rhétorique. C'est divin. Et cela sera demandé à nouveau à chaque main qui a tiré, à chaque langue qui a menti et à chaque cœur qui s'est détourné.

Et ne l’oublions pas : tandis que le Paradis s’ouvre presque grand pour embrasser les âmes innocentes de Gaza et du reste des martyrs, le feu de l’enfer s’allume également avec férocité, attendant les âmes sales et moralement en faillite des génocidaires.

Il est hors de portée de l’imagination humaine d’imaginer comment l’Enfer se délectera de son châtiment, gémissant de fureur, se brisant presque de rage. Il ne murmurera pas, il rugira. Et il criera encore et encore : « Y en a-t-il encore ? (Qaf 30).

Les criminels génocidaires seront plongés dans une souffrance éternelle – une douleur indescriptible, une détresse implacable et des tourments inimaginables.

Ils seront humiliés, abandonnés et oubliés, enterrés non pas dans l'honneur mais dans la disgrâce, leurs noms effacés de la miséricorde et leurs âmes séparées de la rédemption. Leur sort ne sera pas pleuré ; on s'en souviendra uniquement à titre d'avertissement.

Alors donc, Bibi et les alliés de l’Est et de l’Ouest, préparez-vous.

Le temps est presque écoulé.

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