Le revers de Jantar Mantar de l'AIMPLB met le leadership et la préparation sous contrôle

Le report de la manifestation Jantar Mantar proposée par le All India Muslim Personal Law Board le 17 septembre est plus qu'un embarras logistique : il a révélé un écart troublant entre les déclarations publiques du Conseil et sa préparation organisationnelle. Pour une institution qui prétend représenter les préoccupations collectives d’une communauté musulmane vaste et diversifiée, annoncer une manifestation nationale majeure sans obtenir les autorisations nécessaires ni disposer d’un plan d’urgence crédible soulève de sérieuses questions en matière de prise de décision, de coordination et de responsabilité.

Cet épisode a naturellement généré de la frustration, en particulier parmi les jeunes musulmans sur les réseaux sociaux, dont beaucoup se demandent si les dirigeants sont suffisamment préparés pour affronter des situations difficiles impliquant le gouvernement et les autorités administratives. Les critiques peuvent parfois être exprimées en termes sévères, mais la préoccupation sous-jacente mérite d’être examinée sérieusement : un organe représentatif national ne peut pas se permettre de paraître à plusieurs reprises mal préparé lorsqu’il appelle la communauté à descendre dans la rue.

Le problème n’est pas simplement que la police de Delhi a refusé l’autorisation. Les autorités peuvent imposer des restrictions aux rassemblements publics pour des raisons de sécurité, de circulation ou administratives, et ces décisions peuvent elles-mêmes être remises en question par les voies juridiques et démocratiques appropriées. La question la plus fondamentale est de savoir si le Conseil a anticipé la possibilité d'une telle décision et préparé des alternatives avant d'appeler publiquement les gens de partout au pays à participer.

L'AIMPLB avait annoncé la manifestation Jantar Mantar comme le lancement à Delhi de sa campagne de trois mois « Sauvez la Constitution, sauvez la nation », axée sur des questions telles que le Code civil uniforme, les droits constitutionnels du lynchage populaire, la liberté religieuse et le droit personnel musulman. La police de Delhi a par la suite refusé l'autorisation, invoquant des inquiétudes quant à la possibilité d'un grand rassemblement et des difficultés à gérer la foule.

Le Conseil a ensuite appelé les personnes projetant de se rendre à Delhi à ne pas venir, s'est excusé pour la gêne occasionnée et a annoncé qu'un programme plus important serait organisé dans un autre lieu.

Cette séquence d’événements soulève inévitablement une question organisationnelle fondamentale : pourquoi l’autorisation n’a-t-elle pas été obtenue – ou du moins la possibilité de refus n’a-t-elle pas été suffisamment prise en compte – avant l’annonce de la manifestation et le début de la mobilisation ?

Pour une organisation nationale disposant d’un vaste réseau à travers l’Inde, ces questions devraient idéalement être traitées grâce à une planification préalable. Une manifestation impliquant des participants de plusieurs États nécessite une coordination avec la police et l'administration, une estimation de la foule, des modalités de transport, des systèmes de communication, une préparation juridique, des lieux alternatifs et un plan d'urgence clairement défini.

Le présent épisode a donc créé une impression de confusion organisationnelle. Ceci est particulièrement important car des cas similaires dans le passé, impliquant des manifestations ou des programmes reportés, modifiés ou annulés, ont contribué à la frustration de certaines parties de la communauté. Même si chaque incident peut avoir ses propres circonstances, la perception récurrente d'une préparation inadéquate est en soi un problème auquel les dirigeants de la Commission devraient s'attaquer.

Dans le même temps, les critiques doivent rester fondées sur des faits. Il serait inexact de prétendre que l’AIMPLB n’a joué aucun rôle dans la campagne contre la législation Waqf. En mars 2025, le Conseil a organisé une grande manifestation à Jantar Mantar contre le projet de loi Waqf (amendement) et a ensuite continué à s'opposer à la législation. La question la plus légitime est de savoir si sa mobilisation et son engagement ont été suffisamment larges, soutenus et stratégiquement coordonnés entre les différents États.

Cette distinction est importante. Les critiques à l’égard du Conseil ne devraient pas se concentrer simplement sur ses protestations, mais aussi sur la manière dont il traduit efficacement ses positions déclarées en actions publiques, juridiques et populaires soutenues.

La même question s’applique à son approche dans l’Uttar Pradesh et dans d’autres États. Si le Conseil cherche à représenter les musulmans à l’échelle nationale, ses activités ne peuvent pas rester concentrées autour de Delhi ou d’autres centres traditionnels de politique institutionnelle. Une organisation représentative à l’échelle nationale a besoin d’une structure organisationnelle nationale capable de répondre aux problèmes aux niveaux de l’État et du district.

La controverse attire également une attention renouvelée sur la question du leadership. Maulana Khalid Saifullah Rahmani est un érudit islamique reconnu possédant une expertise en jurisprudence. Mais l’expertise scientifique et la capacité de gérer une grande institution contemporaine ne constituent pas nécessairement le même ensemble de compétences. Aujourd’hui, diriger une organisation à l’échelle nationale nécessite une planification stratégique, une gestion de crise, une coordination juridique, un engagement médiatique, une communication numérique, une mobilisation populaire et une responsabilité institutionnelle.

L’épisode Jantar Mantar devrait donc inciter le Conseil à entreprendre une sérieuse introspection. Plutôt que de considérer les critiques des jeunes musulmans comme des commentaires diffusés sur les réseaux sociaux, les dirigeants devraient examiner pourquoi ces critiques gagnent du terrain.

La communauté a besoin d’institutions non seulement respectées pour leur savoir, mais également gérées de manière professionnelle, transparentes, stratégiquement préparées et capables de réagir rapidement aux circonstances changeantes.

En fin de compte, le leadership est mis à l’épreuve non pas lorsque tout se déroule comme prévu, mais lorsque les plans rencontrent de la résistance. Le véritable défi de l’AIMPLB est désormais de démontrer qu’elle peut tirer les leçons de cet épisode, renforcer ses systèmes organisationnels et rétablir la confiance parmi les personnes qu’elle cherche à représenter.

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