Le temps est-il du côté de l’Iran ? L’Iran mise sur le détroit d’Ormuz pour forcer Trump à conclure un accord

Le détroit d'Ormuz, du nom d'une divinité zoroastrienne destinée à un éventuel triomphe après une lutte millénaire, est devenu le point central de la stratégie de guerre de l'Iran. Les dirigeants de Téhéran estiment que leur victoire est proche et que la patience n'est pas nécessaire. Ils parient qu’une pression militaire soutenue obligera les États-Unis à accepter le contrôle iranien sur ce point d’étranglement énergétique vital, par lequel transitait autrefois un cinquième du pétrole et du gaz commercialisés dans le monde.

L’Iran y voit de multiples avantages. Les stocks américains d’intercepteurs de missiles avancés diminuent. Le conflit est impopulaire dans le pays. Les prix élevés de l'énergie à l'approche des élections législatives de novembre ajoutent à la pression politique. Forcer l’ouverture du détroit pourrait s’avérer coûteux et nécessiter des troupes terrestres, tandis que les alliés Houthis pourraient étendre la lutte à une autre route commerciale majeure. Selon cette logique, le président Trump n’a guère d’autre choix que de céder.

Pourtant, la stratégie comporte de nombreux risques. Les frappes américaines et israéliennes ont déjà dégradé les dirigeants, la marine et l’armée de l’air iraniens. Le blocus a mis à mal l’économie iranienne, alimentant une inflation alimentaire à trois chiffres et le souvenir des manifestations de masse que les autorités ont réprimées avec une force meurtrière. Les guerres suivent rarement le scénario attendu par leurs architectes.

L’Iran serait sur le point de conclure un accord avec Oman pour gérer le détroit, à condition que Washington lève son blocus. Un tel arrangement pourrait officialiser le contrôle iranien et marquer une nette victoire stratégique, tout en sapant les normes de longue date de libre navigation. La Chine a déjà appelé au rétablissement d’un passage sûr. Les responsables iraniens insistent sur le fait que la voie navigable ne sera plus jamais une route internationale sans restriction et ont qualifié le transit sans restriction de « ligne rouge incassable ».

Le contrôle du détroit a relégué la question nucléaire au second plan et a donné à Téhéran un nouveau levier. Les analystes proches du régime affirment qu’il fait preuve de résilience et renforce la légitimité nationale. Les critiques préviennent que les difficultés économiques ne peuvent pas être supportées indéfiniment et que l’échec d’un accord rapide risque de provoquer de nouveaux troubles ou une escalade après les élections américaines. Pour l’instant, l’Iran estime que le temps et la géographie jouent en son faveur.

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