Israël approuve la loi sur les procès publics et la peine de mort pour les détenus du 7 octobre

La Knesset israélienne a adopté une loi établissant un tribunal spécial habilité à imposer la peine de mort aux Palestiniens accusés d'être impliqués dans les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023. Le projet de loi a été approuvé lundi soir par le parlement de 120 sièges par 93 voix contre 0, tandis que les 27 députés restants étaient absents ou se sont abstenus.

Cette mesure crée un cadre pour juger les suspects capturés dans le cadre de l’assaut, qui a tué au moins 1 139 personnes, pour la plupart des civils, et a vu environ 240 prises en otage, selon les chiffres israéliens. Israël détient actuellement environ 200 à 300 Palestiniens liés aux attaques qui n'ont pas encore été officiellement inculpés.

Des dispositions clés ont suscité de vives critiques de la part des groupes de défense des droits israéliens et palestiniens, notamment Adalah, Hamoked et le Comité public contre la torture en Israël.

Les critiques soutiennent que le projet de loi affaiblit les garanties des procès équitables en autorisant des procédures de masse, en accordant aux juges un large pouvoir discrétionnaire pour admettre des preuves obtenues dans des conditions potentiellement coercitives et en s'écartant des règles standard en matière de preuve.

Muna Haddad d'Adalah a déclaré à Al Jazeera que la législation affaiblissait intentionnellement les protections juridiques pour faciliter les condamnations, la décrivant comme une violation des normes internationales de procès équitable.

Le projet de loi exige également le tournage et la diffusion publique des moments majeurs des procès – y compris l’ouverture, les verdicts et la condamnation – sur un site Internet dédié, ce qui, selon les opposants, risque de transformer les affaires en « procès-spectacles » et porte atteinte à la présomption d’innocence.

Cette législation est distincte d’une loi de mars qui a introduit la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables du meurtre d’Israéliens dans de futures affaires. Cette mesure antérieure a été largement condamnée au niveau international comme étant discriminatoire.

Même si les organisations de défense des droits reconnaissent la nécessité de rendre justice aux victimes du 7 octobre, elles insistent sur le fait que la responsabilité doit respecter les principes fondamentaux d’une procédure régulière plutôt que de les contourner.

Le Hamas a condamné le projet de loi qui sert de couverture aux prétendues actions israéliennes à Gaza, où le conflit en cours a causé de lourdes pertes palestiniennes. Israël rejette les accusations de génocide et se défend devant la Cour internationale de Justice tout en faisant face à l'examen minutieux de la CPI.

Le nouveau tribunal reflète la détermination d'Israël à punir sévèrement l'attaque la plus meurtrière de son histoire, au milieu de profondes divisions sur la question de l'équilibre entre la justice et les normes juridiques.

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