Au moins quatre personnes tuées dans des attaques israéliennes à Gaza malgré le « cessez-le-feu »

Les forces israéliennes ont tué au moins quatre Palestiniens lors d’incidents distincts dans la bande de Gaza, selon des médecins et des responsables de la santé locaux, soulignant les tensions persistantes malgré un accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025.

Un décès est survenu lors d'une frappe aérienne près du village central d'al-Mughraq. Deux autres personnes sont mortes des suites de tirs et de bombardements à proximité de la ville de Gaza, tandis qu'une femme de 40 ans a été abattue par les troupes israéliennes à Khan Younis, dans le sud.

La correspondante d'Al Jazeera, Hind Khoudary, en reportage depuis la ville de Gaza, a décrit comment trois Palestiniens ont été abattus par un drone quadricoptère près du rond-point d'al-Koweït, à proximité du couloir Netzarim qui divise le nord et le sud de Gaza.

Khoudary a noté des violations quotidiennes, notamment des frappes aériennes, une activité constante de drones au-dessus de nos têtes et l’avancée progressive des « blocs jaunes » ou marqueurs sous contrôle israélien. Celles-ci délimitent la « Ligne jaune » en expansion, une zone tampon de facto où les forces israéliennes maintiennent le contrôle d'environ 60 pour cent des zones orientales de l'enclave.

Les Palestiniens, dont beaucoup sont déplacés, sont en grande partie confinés dans les zones occidentales restantes. Le franchissement de ces bornes entraîne souvent des coups de feu, restreignant considérablement la liberté de mouvement des résidents.

L’armée israélienne a affirmé, sans fournir de preuves détaillées dans certains cas, que ses opérations visaient depuis vendredi les combattants du Hamas qui tentaient de s’approcher ou de franchir la Ligne jaune. Israël maintient que ces actions constituent des réponses défensives aux menaces des militants palestiniens.

Les conditions humanitaires restent désastreuses. Khoudary a signalé de graves pénuries de nourriture et de médicaments en raison des restrictions actuelles sur l'aide. Alors que l'accord de cessez-le-feu prévoyait l'arrivée quotidienne de jusqu'à 600 camions d'aide, seuls 150 à 190 camions arrivent, ce qui entraîne une famine généralisée. Les médicaments de base contre les maladies chroniques comme le cancer et le diabète sont rares, ce qui exacerbe les souffrances de la population.

Selon le ministère palestinien de la Santé de Gaza, au moins 800 Palestiniens ont été tués depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025. Israël a rapporté que des combattants palestiniens avaient tué quatre de ses soldats au cours de la même période.

Le bilan global des morts du conflit, qui s'est intensifié en octobre 2023, dépasse désormais les 72 500 selon les autorités sanitaires de Gaza, la majorité étant décrite comme des civils.

La trêve fragile, négociée avec la participation internationale, a fait l'objet d'accusations répétées de violations de la part des deux parties. Alors que les opérations à grande échelle ont été interrompues, les incidents de routine impliquant des drones, des tirs d’armes à feu et des frappes limitées se poursuivent, gardant une grande partie de Gaza en haleine et compliquant les efforts en faveur d’une stabilité durable et d’un accès humanitaire complet.

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