Ramadan, Carême et Nouvel An lunaire : un moment rare pour l’humanité partagée
Pour de nombreux musulmans, le Ramadan est comme un ami cher, un ami qui nous rend visite chaque année et nous rappelle notre relation avec notre Créateur.
Cette année, cependant, le Ramadan est arrivé non seulement comme un ami, mais aussi comme une célébration de la communauté.
Pourquoi? Parce que le Ramadan, le Carême et le Nouvel An chinois ont coïncidé – un alignement rare observé pour la dernière fois en 1864.
L'harmonie interconfessionnelle était au cœur du message du prophète Mahomet. Il n’a jamais été question de « moi, moi, moi » ; il s’agissait toujours de « nous tous » – de l’humanité.
Les enseignements prophétiques mettent l’accent sur la gentillesse au-delà de la communauté musulmane. Un hadith dit : «Ne faites pas de mal aux gens de l'alliance» (y compris les chrétiens et les juifs). Un autre enseigne : «Ne faites pas de mal à votre prochain» – faisant souvent référence aux non-musulmans.
Le Coran conseille également : «Dieu ne vous interdit pas d'être gentil et juste envers ceux qui ne vous attaquent pas.»
Le message global est simple : trouvez des personnes qui souhaitent vivre en paix – quelles que soient leurs croyances – et vivez avec elles en paix, en sûreté et en sécurité.
C'est ainsi que le prophète Mahomet a défini la « Oumma » : non pas comme une communauté de musulmans uniquement, mais comme une communauté de chercheurs de paix.
Un héritage de connexion
Quelques années après le décès du prophète Mahomet, les musulmans se sont rendus en Chine, où la première mosquée, la mosquée Huaisheng, a été établie à Guangzhou.
Alors que les traditions locales attribuent sa fondation au compagnon du Prophète, Sa'd ibn Abi Waqqas, d'autres historiens suggèrent qu'il n'a jamais quitté l'Arabie.
Quoi qu’il en soit, la mosquée a été construite avec la permission des autorités chinoises, marquant le début de relations durables entre les musulmans et la Chine.
Aujourd'hui, la mosquée existe toujours, son minaret reconstruit plusieurs fois au fil des siècles. Pour moi, cela reflète la nature même du Ramadan : le noyau de l’âme humaine reste constant, mais chaque année il se renouvelle et se renforce avec une nouvelle détermination.
La paix et l’harmonie fonctionnent à peu près de la même manière. Les établir une seule fois ne suffit pas ; leur maintien nécessite un respect, une communication et un renouvellement continus.
Communication : une responsabilité partagée
Le Coran décrit le prophète Mahomet comme étant illettré, incapable de lire ou d'écrire. Pendant qu'il mémorisait les révélations, ses compagnons les conservaient par écrit.
Il y a ici une leçon profonde : si le Coran s’adresse à toute l’humanité, et si Dieu a créé l’humanité en différentes tribus et communautés afin que nous puissions nous connaître, alors la communication est essentielle.
Tout comme nous devons communiquer les uns avec les autres, nous devons également nous engager de manière significative dans le Coran. Le lire dans une langue que nous comprenons est crucial. Sans compréhension, le dialogue est incomplet.
Au XXIe siècle, les musulmans ne devraient pas rester « littéralement illettrés » en évitant le sens du Coran et en s’accrochant uniquement à l’arabe classique. Après tout, une majorité significative du monde musulman ne la comprend pas pleinement sous cette forme.
Ce Ramadan, prenez le temps de lire le Coran dans une langue que vous comprenez. Donnez vie aux mots. Donnez-leur du sens.
Faites partie de quelque chose de plus grand
Que vous soyez un musulman observant le Ramadan, un chrétien observant le Carême ou célébrant le Nouvel An chinois, la communauté est la clé de la paix et de l'harmonie.
Respectez-vous les uns les autres. Apprenez les uns des autres. Faites partie de la « Oumma » envisagée par le prophète Mahomet : une communauté de chercheurs de paix.
Célébrez ce qui compte pour vous. Célébrez ce qui compte pour les autres. Et surtout, faites partie de quelque chose de plus grand que vous.
Joyeux Ramadan.
