Entreprise sous le Califat d’Abu Baker, la conquête du bilâd ash-shâm continue à la suite de sa succession par Omar, dans la treizième année de l’hégire. 

Ainsi, il envoie sous le commandement de Khalid Ibn Al Walid une armée composée d’environs 40.000 hommes qui doit affronter celle d’Heraclius, général romain (byzantin est un terme qui fait son apparition à l’époque moderne, en raison du mishellénisme des Occidentaux qui refusaient d’accorder à l’autorité romaine de Constantinople le nom d’empire Romain).

Pancarte indicative

Heraclius est mieux armé, ses troupes sont plus nombreuses, et atteignent selon certaines sources 400.000 soldats. Depuis son siège à Antioche (l’actuelle Antakia), cela faisait plusieurs mois qu’il préparait une offensive contre les Musulmans afin de récupérer les territoires perdus par Rome. 
Longtemps opposés aux perses Sassanides, il est même à l’initiative d’une alliance avec les perses afin de se débarrasser des Musulmans. 

Vallée de Yarmouk


De son côté, Omar Ibn Al Khattab est un homme aguerri. Il n’ignore pas les volontés perses et romaines d’en finir avec les Musulmans et sait qu’il est en position d’infériorité numérique. Confiant en Allah, il envoie celui que le Prophète صلى الله عليها سلم avait surnommé “épée d’Allah” : le général Khalid Ibn Al Walid. 

Fin stratège, Khalid Ibn Al Walid est un homme qui n’a jamais connu la défaite. Il élance ses troupes en direction du pays de Shâm qui sont partagées en quatre groupes distincts, répartis entre l’actuelle Jordanie et l’actuelle Cisjordanie. Informé des intentions d’Heraclius par des esclaves romains d’utiliser le fait que l’armée Musulmane soit fractionnée pour la prendre à revers, Khalid Ibn Al Walid décide alors d’unir toutes ses forces qui se retirent des territoires qu’elles investissaient et se rejoignent dans la vallée d’une rivière qui rejoint le lac Tibériade, Al Yarmouk, qui donné son nom à la bataille éponyme. 

Le lieu n’est pas choisi par hasard. Khalid est un stratège, il privilégie un endroit qui lui permet de dominer la vallée, de faciliter la venue de renforts et qui permet de se replier sans trop de perte. Ce choix stratégique de contraindre Heraclius à l’affronter dans une bataille devise oblige compromets les plans de celui-ci. Lui qui venait de restructurer ses armées, il est contraint de rassembler cinq armées, provoquant des tensions et des problème logistiques. 

Les deux armées s’observent, Khalid envoie des émissaires pour inviter les Romains à l’Islam, ou de se rendre et de payer l’impôt sans quoi le combat est inévitable. Plus à l’est, les armées Musulmanes sont également engagées contre les perses. 

Omar Ibn Al Khattab décide d’envoyer des renforts, en l’espèce un régiment de 1.000 compagnons comprenant une centaine de participants à la bataille de Badr. 

Khalid structure son armée en trente six régiments d’infanterie ainsi que quatre de cavalerie, dont l’alignement fait 12 kilomètres de long. Après avoir nommé les commandants de divisons, le 5 Rajab de l’an 15, il s’engage dans une bataille qui dura 6 jours et qui vit la fin de l’empire romain au proche-Orient.