Lorsque l’on évoque la Tunisie à l’époque moderne, on pense tout de suite à la Régence ottomane et de manière maladroite aux “Turcs”.

Les Ottomans, appelés à intervenir en Méditerranée pour mettre un terme aux volontés colonialistes des Espagnols, étaient déjà présents le long de la côte Algérienne, à Alger et à Bejaia notamment. Parmi eux, des autochtones, des albanais, des grecs et des turcs.

Le sultanat Hafside en place à Tunis étant allié aux Espagnols, la marine algéroise menée par Barberousse intervient une première fois en 1534 pour les déloger. Cette intervention déclencha la levée d’ancre de la gigantesque Armada de Charles Quint qui la delogea l’année suivante en 1535. 

Expansion ottomane au Maghreb, XVIe s


En parvenant à conquérir Djerba en 1560, le corsaire Dragut ouvre la voie à la conquête de Tunis aux dépens des Espagnols. C’est chose faite en 1574, lorsque les janissaires de Sinan Pacha et Uluç Ali infligèrent une défaite cuisante aux troupes de Philippe II (oui, la Tunudie était sous tutelle espagnole a cette date). 

Dès lors, Tunis passe sous tutelle ottomane, et la gestion militaire de la cité est mené par un Dey, élu par les janissaires à partir de 1590, qui est secondé par un bey à partir de 1609. Le Sultan ottoman est quant à lui représenté au sein du pouvoir tunisien par le Pacha  qu’il nomme par décret. Avec le jeu du pouvoir, la place du bey devient primordiale, au point où l’un d’entre eux, un corse converti à l’Islam du nom de Jacques Senti, plus connu sous son nom musulman Mourad Bey, instaura l’hérédité du Beylicat.

Les mouradites, descendants de Mourad Bey, laissèrent leur emprunte dans la ville de Tunis, parmi lesquelles la mosquée Sidi Mahrez, qui allie architecture ottomane et maure. 

La mosquée Sidi Mahrez


Sidi Mahrez vu de l’intérieur


Ainsi, la fonction de bey régna sur la Tunisie de 1614 à 1957, date de son abrogation par le républicain Habib Bourguiba, par la cause d’un corse.