En attardant son regard sur les nouvelles générations, on ne peut que rester perplexe. Si le défi de l’éducation est de permettre aux générations nouvelles d’exceller dans l’épanouissement de leur monde, en voyant nos jeunes grippés à leur portable attachés à des jeux qui les hypnotisent de sorte qu’ils n’entendent plus ce que vous dîtes, le manque de respect et de pudeur si flagrant pour quelqu’un qui a grandi dans une époque où l’on cachait sa cigarette devant un parent où ne serait-ce qu’un aîné, on est en droit de se dire que ce n’est plus de l’éducation qu’il faut mais une rééducation. Or, cette rééducation doit commencer à l’intérieur même de la cellule familiale. Comment voulez-vous apprendre à un pré-adolescent le monde des adultes si son propre père se tape des soirées PES2015 avec ses amis ? Comment lui apprendre qu’il passe une étape décisive de sa vie qui le fera entrer dans un monde de sérieux si ses oncles sensés servir d’exemple rivalisent à qui achètera en premier la PS4 ? Si notre système éducatif sensé garantir non pas l’orthodoxie républicaine mais a minima l’insertion dans la vie, il faut s’interroger en amont : quel crédit donner à une institution qui fabrique des adultes adolescents ? On nous rétorquera que la révolution du numérique a complétement chamboulé nos modes de vies, alléger nos temps de travail et permis plus de temps au loisir. La réalité est que depuis toujours, ou du moins officiellement depuis la Révolution, l’homme s’inscrit dans une démarche de progrès et que chaque génération est confrontée à un choc civilisationnel, où une génération maîtrise un outil que celle qui la précède ne maîtrise pas ou moins bien, le problème ne vient donc pas de là. Actant que l’école dite publique ne soit pas parvenue à résoudre cette catastrophe humaine, il est du devoir de celui qui pense à l’avenir de s’engager sur la voie des pédagogies alternatives. Pas pour sauver le monde, loin s’en faut, mais pour protéger ceux dont il prétend qu’ils sont chers à ses yeux. Car cette infantilisation de la couche adulte de la population n’est pas sans conséquences et il faut, aujourd’hui plus que jamais, que l’éducation soit une priorité dans touts les domaines : financier, temporel, humain… Comment croire quelqu’un qui dit aimer son fils et posséder une maison secondaire, et qui, constatant ce déclin inéluctable ne parvient pas à inscrire son fils dans une structure éducative conforme à ses principe, alors que ses Nike flambant neuves n’ont pas encore été usées par le bitume, se reflétant dans son nouvel écran LCD qui laisse miroiter une déco hi-teck noyé au milieu de canapé en cuirs? Aimer ses enfants ne se résume pas en une parole, mais en action pour préparer le futur.