Il y a 100 ans, le 1er novembre 1914, l’Empire Ottoman rentrait dans la spirale de la première guerre mondiale.

En s’alliant avec l’Allemagne, les autorités ottomanes pensaient récupérer leurs territoires perdus dans les Balkans lors des guerres du même nom quelques années plus tôt, ils pensaient qu’en s’alliant contre ceux qui avaient colonisé les pays de l’Islam, Français et Britanniques, les musulmans les rejoindraient pour de nouveau s’allier sous une seule et même bannière. Il n’en fut rien. Les Maghrébins s’enrôlèrent dans l’armée française, les Égyptiens accueillirent à bras ouverts les Britanniques qui contrôlèrent rapidement le canal de Suez, les tribus de la péninsule arabique s’allièrent sous le Shérif Hussein Ibn Ali, armés par les même Britanniques, et “l’homme malade de l’Europe” fut bientôt cerné de toutes parts. A l’Est dans les Balkans, Au Nord dans le Caucase, sur son territoire avec la “Grande Révolte Arabe”.

L’influence française et britannique avait fait son effet et, le racisme aidant, le monde musulman se désolidarisait de l’entité politique musulmane qui protégeait le statut du musulman et les territoires sacrés, pour préférer l’utopie de la démocratie, la laïcité et d’éphémères royaumes. Les mêmes qui refusaient l’autorité ottomane parce que turque déroulaient des tapis rougis par le sang coulé de leur trahison à ceux-là mêmes qui pillaient leur terres et combattaient leurs savants.

Troupes Ottomanes de la IVe armée stationnées dans le Sinaï en 1915

Troupes Ottomanes de la IVe armée stationnées dans le Sinaï en 1915


En 1918, quand l’Empire signa sa reddition, il contrôlait encore malgré les revers infligés de vaste territoires et ses troupes stationnaient au Shâm, en Irak, en Tripolitaine, en Géorgie et jusqu’à Bakou. Mais les faits étaient là, les arabes ne voulaient plus d’une autorité islamique,  et “Vive la République”, “vive le Roi”, furent les cris qui enterrèrent le Califat. Le nationalisme et l’Occident  l’avait emporté et, un siècle durant, les mêmes qui exultaient la chute du Califat pleuraient devant les conséquences directes de cette perte.

Malheureusement un siècle plus tard, les obstinés ne retenant pas les leçons de l’Histoire s’entêtent encore et encore à faire croire que le nationalisme est une solution aux problèmes de la Oumma, l’enfonçant chaque jour dans les méandres.

 

إلى الله المشتكى