21 mars 1993, plus grosse gifle électorale de l’histoire du PS

A l’heure du bilan du quinquennat de M.Hollande, septième président élu de la cinquième République, il semble que les électeurs se soient désistés du Parti Socialiste. Mise au responsabilités par un peuple épuisé par le quinquennat douloureux de M. Sarkozy, lequel n’avait pas hésité un instant à orienter le débat très à droite et à empiéter sur les plates bandes du Front National, la majorité du PS a elle aussi été sanctionnée. Par les électeurs d’une part, qui ont exprimé par leur vote ont infligés une série de défaites aux échéances de 2014 (municipales et européennes), de 2015 (cantonales et régionales). Par les membres du parti d’autre part, lequel est tenaillé entre deux tendances, dîtes « aile droite » et « aile gauche », et c’est ainsi qu’un certain nombre d’élus du PS ont, à l’instar de Manuel Valls, décidé de ne pas soutenir le candidat socialiste Benoit Hamon pour le scrutin présidentiel. Rajoutez à cela la candidature de Mélanchon, et l’on voit  bien que le petit monde de la Gauche française est en crise, annoncée perdante. Bien que la gauche ait opéré un redécoupage des circonscriptions, elle sait qu’elle perdra aussi, logiquement sauf miracle, les législatives de juin 2017.

Cette situation, celle d’une Gauche désavouée, n’est pas sans rappeler celle du 21 mars 1993, quand le Parti Socialiste subit sa pire défaite de l’histoire. Attendue, elle s’est avérée plus grande que prévue. Elle fut confirmée au deuxième la semaine suivante Ainsi, sur les 577 sièges de l’Assemblée Nationale, la majorité présidentielle n’en conserva que 67, soit 17% des suffrages. René Rémond dans l’Année Politique de 1993 dit à ce sujet  « L’Assemblée élue était la plus à droite qu’ai connue la France depuis plus d’un siècle, plus que la Chambre bleu horizon élue en 1919 après la guerre et même plus que l’Assemblée sortie des urnes en juin 1968 ».

L’assemblée nationale après les élections législatives de mars 1993

 

Dans les rangs socialistes, ce fut l’hécatombe : Michel Rocard perd son siège dans les Yvelines, Lionel Jospin ne parvient pas à reconquérir le sien en Haute-Garonne, entre autres, devant une droite triomphante dans laquelle émerge une personne qui fera beaucoup parler de lui : Nicolas Sarkozy. Ecoutez donc le débat qu’il a eu avec Ségolène Royal, mis à part le fait que ces deux personnes sont un quart de siècles plus tard encore présentes dans l’arène politique, on y reconnait un certain discours.

 

Au vu des circonstances, il est permis de s’interroger : la Gauche verra-t-elle sa défaite aux législatives atténuée par l’affaire Fillon, ou empirée suite aux vagues d’abstention qui s’annoncent ?

Affaire à suivre.

À propos de Le Web Master

Historien & militant associatif. Parcours d'études en histoire comprenant notamment l'étude de l'histoire contemporaine (Le premier XXeme siècle ; de 1914 à 1945), de l'histoire culturelle (histoire des minorités au Moyen Age, histoire des femmes, histoire des intellectuels au moyen âge), de l'historiographie (historiographie gréco-romaine, histoire des mouvements historiographiques contemporains), l'histoire Moderne (L'Espagne au XVI-XVII siècle, les Ottomans, Des Lumières à la République), de l'histoire médiévale(Thématiques du Moyen Age en Occident : Economie, Religion, Urbanité, Pouvoir, Échiquier politique, etc), l'Histoire Romaine (De la période archaïque à la République, De la République au Principat, Les éléments du pouvoir impérial), de l'Histoire Grecque (Période classique Période hellénistique), de l'histoire de l'économie (Le premier XXe siècle 1900-1945 Le second XXe siècle 1945-2000), de l'histoire de l'art (l'évolution des arts de la Révolution à la la seconde guerre mondiale) ainsi que d'importantes études sur le monde musulman.

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