Bonne année ?

Avant de souhaiter une bonne année, sachez que le calendrier que nous utilisons est d’origine païenne. Même si on le nomme « grégorien », du nom de son réformiste le Pape Grégoire, il est à base « julien », car mis en place par Jules César, vous vous rappelez, celui d’Astérix et Obélix qui jurait par Jupiter.

Le but de ce calendrier était de faciliter l’administration du territoire romain qui s’étendait de la région des Parthes -Syrie actuelle- à la Lusitanie -Portugal-, de la Gaule aux pays des « barbares » de Carthage, de Numidie et de Maurétanie. Profitons-en pour rappeler que 80% du territoire romain furent conquis par la République de Rome dirigé par un puissant et injuste Sénat, et non pas quand Rome était gouverné par un princeps -César-, comme on nous l’a fait croire dans nos livres d’école.

La mise en place d’un calendrier solaire par Jules César était à la fois un acte politique fort et aussi une imposition de sa foi. D’une part c’était une réforme importante qui allait montrer aux yeux de tous les romains sa puissance et donc sa légitimité à gouverner Rome. D’autre part il est une affirmation de la croyance romaine au reste des provinces romaines qui, même si elles pouvaient adorer leurs dieux, devaient par ce procédé obligatoirement se référer à la théologie romaine dominante.

Ainsi, l’année commençait par Mars, mois du dieu de la guerre du même nom. Suivit par Avrilis -Avril-, mois de la déesse Aphrodite, Maius -Mai-, mois de la déesse de la croissance Maïa, Junius -Juin-, mois du dieu protecteur des mariages Junon.

Jules César ne se prenant pas moins que pour une divinité lui même, s’adjugea un mois, Julius -Juillet, et, son successeur Auguste -premier princeps/empereur de Rome-, en fit de même avec son mois, Augustus -août ». Signalons qu’avant cela, le mois s’appelait Sextilis, c’est à dire le sixième mois.

Vint enfin le septième mois de l’année, septembre, qui veut dire septième, le huitième mois de l’année, octobre, qui veut dire huitième -octo-, le neuvième mois, novembre et le dixième, décembre -racine déci, comme décimal, décupler-.

Le onzième mois de l’année fut attribué au dieu à deux têtes Janus et devint plus tard Janvier. Le mois de Février lui, désignait la période de l’année ou la terre se purifiait avant de commencer un nouveau cycle.

Si vous tenez malgré tout à glorifier ce calendrier, on peut revenir aux jours de la semaine : lundi, le jour de la déesse luna -lune-, mardi le jour du dieu Mars, mercredi le jour du dieu Mercure, jeudi jour du dieu Jupiter, vendredi le jour le Vénus, dimanche jour du dieu Soleil. La seule trace de monothéisme est le samedi, jour de sabbat, même si dans de nombreuses langues il est resté plus proche de sa forme originelle Saturnus, le jour du dieu Saturne -Saturday, en est un exemple-.

On notera que sous Constantin, adorateur du Soleil -sol invictus- avant sa conversion politique au christianisme, le jour du soleil devint le jour du Seigneur…

Prenez tous ces éléments en compte et ajoutez à cela le fait que prendre la révolution d’un astre autour d’un autre pour festoyer est une pratique païenne antique que l’on retrouve chez les grecs, les mésopotamiens, les incas, etc… et vous pouvez vous forger votre opinion en connaissance de cause. En tant que monothéiste qui ne croit pas orbites des astres, très peu pour moi.

Pour conclure, un calendrier est un outil politique de domination, une affirmation d’une civilisation sur une autre. Fêter un nouvel an c’est se rattacher au tenant du dit calendrier et affirmer sa soumission. Chacun est libre de s’y soumettre, mais l’on ne me fera plus croire que ce n’est qu’une successions de jours et de mois et l’histoire retiendra qu’ à l’époque romaine, les israélites monothéistes avaient conservé le leur.

A chacun son calendrier, et cela les musulmans l’ont bien compris, ce pourquoi ils ont fondé le leur. Aux récalcitrants, j’ai hâte que les chinois nous envahissent pour voir les « musulmans » se souhaiter une bonne année du cochon, de la chèvre, du rat, et du chien, mais attention, au nom de l’ouverture de l’esprit de l’Islam.

À propos de Le Web Master

Historien & militant associatif. Parcours d'études en histoire comprenant notamment l'étude de l'histoire contemporaine (Le premier XXeme siècle ; de 1914 à 1945), de l'histoire culturelle (histoire des minorités au Moyen Age, histoire des femmes, histoire des intellectuels au moyen âge), de l'historiographie (historiographie gréco-romaine, histoire des mouvements historiographiques contemporains), l'histoire Moderne (L'Espagne au XVI-XVII siècle, les Ottomans, Des Lumières à la République), de l'histoire médiévale(Thématiques du Moyen Age en Occident : Economie, Religion, Urbanité, Pouvoir, Échiquier politique, etc), l'Histoire Romaine (De la période archaïque à la République, De la République au Principat, Les éléments du pouvoir impérial), de l'Histoire Grecque (Période classique Période hellénistique), de l'histoire de l'économie (Le premier XXe siècle 1900-1945 Le second XXe siècle 1945-2000), de l'histoire de l'art (l'évolution des arts de la Révolution à la la seconde guerre mondiale) ainsi que d'importantes études sur le monde musulman.

Commentaires

  1. Les Témoins de Jéhovah disent la même chose depuis longtemps et, du coup, ne fêtent aucun Noël, nouvel an ou autre anniversaire de naissance.

  2. Voila l’article pessimiste sur fond historique. Acceptons notre histoire et notre calendrier.

  3. « En tant que monothéiste qui ne croit pas orbites des astres, très peu pour moi »
    C’est à dire que tu penses que la terre n’orbite pas autour du soleil ?

    1. Non, cela veut dire qu’en tant que Monothéiste, je n’érige pas ses astres au niveau de divinité et n’articule pas les actes quotidiens de ma vie en les prenant en compte.

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